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Le Nutri-Score : une mesure bientôt obligatoire ?

par | Oct 20, 2019 | News et Actus | 0 commentaires

Si vous n’en avez pas entendu parler, vous l’avez sûrement aperçu sur certains emballages de produits alimentaires. Depuis son lancement il y a 2 ans et selon l’Observatoire de la qualité de l’alimentation (OQALI), le Nutri-Score est maintenant présent sur 25% des volumes de ventes de produits transformés.

Le Premier ministre Édouard Philippe a par ailleurs annoncé le mercredi 12 juin 2019 qu’il avait l’ambition de rendre cet outil d’évaluation de qualité nutritionnelle obligatoire. En effet, le Nutri-Score n’est pour le moment considéré que comme « facultatif » par les grosses entreprises de l’agroalimentaire.

Mais quels sont les avantages d’une telle mesure ? Les géants de l’industrie alimentaire vont-ils accepter de se rallier à cette cause de santé publique ?

Repérer le Nutri-Score sur les produits transformés : quel est son rôle ?

Conçu par le professeur en nutrition Serge Hercberg, le Nutri-Score est une échelle de couleurs notée par des lettres allant de A à E. Cette dernière permet de visualiser et de comprendre rapidement la qualité nutritionnelle d’un produit alimentaire. Le vert indique que le produit est équilibré et sain, le rouge au contraire signifie qu’il ne faut pas en abuser (le produit peut être trop gras, trop sucré ou salé).

Mais cette norme n’avait pas séduit beaucoup d’industriels. Nombre d’entre eux s’est imposé pour empêcher qu’elle ne devienne obligatoire. Pourtant, le Nutri-Score bénéficie aujourd’hui de nouveaux alliés. C’est notamment lorsque Nestlé a annoncé fin juin son ralliement au Nutri-Score que d’autres marques ont alors décidé de suivre le mouvement. On évalue donc aujourd’hui une part de marché allant de 50% pour les frites ou chips, et près de 49% de marques pour les produits laitiers qui emploient le Nutri-Score.

L’affichage obligatoire du Nutri-Score sur les supports publicitaires pour 2021

Le Nutri-Score continue son petit bout de chemin ! C’est le jeudi 21 février 2019 que l’Assemblée a voté pour rendre son affichage obligatoire sur tous les supports de publicité. Qu’il s’agisse des messages publicitaires sur Internet, télévisés ou radiodiffusés, cette obligation ne concerne néanmoins que les messages émis et diffusés depuis la France, et à destination du territoire français.

Les annonceurs peuvent cependant éviter de mettre en avant le Nutri-Score de leurs produits en versant une contribution à l’Agence Nationale de Santé Publique.

Cette mesure, longuement attendue par les groupes de protection de santé publique est fixée pour le 1er janvier 2021 au plus tard. Ainsi, les industries ont le temps de se préparer aux changements à venir.

Les acteurs de l’industrie alimentaire seront suivis par des mesures législatives

D’un autre côté, d’autres amendements obligent les industriels à communiquer à l’OQALI les données relatives aux étiquettes nutritionnelles de leurs produits. Un rapport annuel au Parlement permettra de suivre l’évolution de leur qualité nutritive. L’Agence nationale de sécurité sanitaire et de l’alimentation fixera alors des seuils de réduction en sucre, sel et acides gras saturés.

Le troisième amendement détaille que l’enseignement sur les bonnes pratiques alimentaires doit être inclus au reste de l’enseignement scolaire, mais reste optionnel pour les activités en dehors de l’école. Ce projet de loi avait pour premier objectif de protéger la population des dangers de la malbouffe. Maintenant, il vise à améliorer la qualité nutritionnelle des aliments et à encourager les bonnes habitudes d’alimentation.

Rendre le Nutri-Score obligatoire : une démarche à l’échelle européenne

Le Premier ministre a annoncé le 12 juin de cette année, lors de son discours de politique générale, sa volonté de rendre obligatoire à l’échelle de l’Europe l’affichage du Nutri-Score. En effet, la cause défendue par le Nutri-Score prend des proportions internationales. La Belgique s’est engagée en mars 2019 à respecter cette norme, et la Suisse l’a rejointe au mois d’avril. L’Espagne quant à elle, doit attendre les élections de novembre pour pouvoir franchir le pas.

N’oublions pas les Pays-Bas, l’Allemagne et le Portugal, pour lesquels le sujet devient prioritaire. L’Italie se refuse cependant à imiter ses voisins européens. L’entreprise Ferrero, propriétaire de la marque Nutella, voit dans le Nutri-Score une menace contre son savoir-faire.

D’autres géants de l’alimentation freinent des quatre fers. Kellogg’s, Coca-Cola, Unilever, PepsiCo ne sont pas encore prêts à accepter l’étiquetage coloré sous leurs logos.

Les moyens mis en place pour appuyer le Nutri-Score

Au-delà de l’impact grandissant du Nutri-Score sur l’industrie agroalimentaire, un programme national nutrition santé est également prévu. Il s’agit là d’un des axes les plus importants de la politique de prévention sanitaire défendue par le gouvernement. Ses objectifs globaux sont la réduction de l’obésité de 15% chez les adultes, et de 20% chez les enfants, ainsi que de diminuer de 15% la dénutrition chez les seniors.

La ministre de la santé affirme que le financement de ces actions sera « à la hauteur des besoins ». Pour le moment, l’engagement à rendre le Nutri-Score obligatoire reste le plus visible de cette politique de prévention organisée par le gouvernement.

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